Influence des séries télé, bonne ou mauvaise?

Dans l’ère du « Binge Watching », les séries télévisées font partie entière de notre quotidien. Une étude montre par exemple que les utilisateurs de Netflix passent en moyenne quinze heures par semaine à regarder des séries. Il est donc normal qu’elles influencent notre vie et notre manière de penser. Or, de quelle manière le font-elles et est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

La télévision fut inventée en 1926, mais ce n’est qu’à la fin des années 1940 qu’apparurent les programmes télés réguliers. En 1951 apparue la première série ; « I love Lucy » aux Etats-Unis. C’est aussi l’apparition des SitCom (Situation Comedy) qui sont en forme d’épisodes de 20 à 30 minutes. C’est une innovation technologique pour les producteurs : leur court format et les méthodes de tournage employées similaires à celle du cinéma permettent des rediffusions et des économies d’échelle dans le processus de production. À ce moment, la télévision est une activité familiale, les familles font leurs emplois du temps en fonction des programmes qu’ils désirent regarder. De plus, les foyers n’ayant généralement qu’un seul téléviseur, toute la famille regarde la même chose. En somme, les séries commençaient déjà leur influence sur les spectateurs en dictant leur train de vie.

Les séries influencent leur auditoire en trois étapes bien précises.

La première se fait par le « Biais de perception » , c’est-à-dire qu’elles vont changer la perception du monde de leur public. Par exemple, les séries ont tendance à exagérer la violence dans le monde. Il n’est pas extraordinaire que dans les petites villes où se déroulent la synopsie, un nombre impressionnant et irréaliste de crimes s’y déroulent (Teen Wolf, Vampire Diaries…). Cela aura pour conséquence d’accentuer la peur et la paranoïa. Nous sommes plus enclins à penser qu’un étranger sera agressif.

La deuxième étape est la « Désensibilisation ». Les auditeurs sont moins sensibles aux violences qui arrivent dans leur quotidien. En effet, dans 60% des épisodes se passent des situations de violence. Les gens sont donc plus tolérants et seront moins disposés à réagir. Ils sont moins empathiques ; ceci peut expliquer le manque de réaction lors d’agressions sexuelles qui peuvent arriver dans les transports en commun. Il y a une banalisation de la violence.

Enfin, la troisième étape est « l’imitation ». L’être humain recréé ce qu’il voit. Ce phénomène se retrouve dans notre manière de gérer nos interactions avec les autres. Par exemple, lors d’un rendez-vous nous allons avoir tendance à agir comme nous avons pu le voir à la télé. Pareillement,  elles influencent notre façon de s’habiller, des séries telles que « Gossip Girl » ou encore « Friends » ont inspiré le style vestimentaire de milliers de personnes. Enfin, elles ont aussi agi sur les prénoms donnés, dans les années 1990 et début 2000, beaucoup de parents ont nommé leurs enfants d’après leurs idoles de séries américaines. C’est pour cela que nous avons pu voir un boom des prénoms américains dans la société française.

Cependant, cette influence est-elle mauvaise ? Ou, au contraire est-elle une source de motivation pour les spectateurs ?

Les séries ont une mauvaise influence qui est belle est bien présente. Avant toute chose avec la violence. Énormément de séries telle que Peaky blinders ou encore Game of Thrones tournent exclusivement avec un scénario violent, elles la banalisent et même la magnifient. Ces personnages frénétiques sont rendus au statut de héros et justifient des moyens violents pour arriver à leur fins. L’apogée des séries criminelles telles que Les Experts ou Mentalist ont aussi poussé les policiers et enquêteurs à changer leurs méthodes de recherche car énormément de criminels apprenaient grâce aux séries comment ne pas être retrouvé et comment cacher leurs crimes. Une autre mauvaise influence est dans la diffusion de stéréotypes négatifs des minorités. Jusqu’à très récemment, les personnes d’origine africaine ou du Moyen-Orient étaient toujours montrées comme le méchant, souvent portrayant les voleurs et autres criminels. Aussi, la représentation de la communauté LGBT était quasi inexistante, les couples homosexuels disparaissaient au bout d’un ou deux épisodes et étaient aussi souvent associés à des pédophiles, ou à des personnes mentalement instables. Enfin, les femmes ont aussi souffert des représentations ; on a dû attendre 1964 avec la sortie de « Ma sorcière bien-aimé » pour avoir une femme en tant que personnage principal, et jusqu’aux années 90 elle était encore sous l’image de la femme au foyer qui s’occupe des enfants. Dans d’autres séries, comme Blue Mountain State, c’est une femme qui est objet du désir sexuel qui est représentée.

Cependant, les séries peuvent aussi avoir une influence positive. En effet, tout d’abord elles permettent souvent de découvrir des endroits et des cultures que les spectateurs n’auraient pas l’occasion de voir autrement. Elles permettent de découvrir et d’apprendre sur les faits historiques avec par exemple The Crown qui retrace l’histoire du XXeme siècle par le regard de la reine Elisabeth II, ou The Pacific qui nous fait découvrir les aspects de la Seconde Guerre mondiale sur la côte Est. Elles ont un aspect pédagogique car c’est aussi une manière d’apprendre des langues avec la VO. Elles sont un outil de diffusion d’idéaux et de liberté d’expression. Suite à l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, énormément de séries ont partagé leurs idées sur les actions de Trump, comme Grey’s Anatomy ou  Unbreable Kimmy Schmidt qui parlent de la construction du mur ou de la Women’s march.  De plus, elles ont un pouvoir motivateur, les personnes se retrouvent dans certains personnages modèles et veulent leur ressembler, on a pu remarquer une certaine augmentation des élèves sur les bancs des écoles de médecine suite à la diffusion d’Urgence. Par ailleurs, elles permettent de sensibiliser la société sur des thèmes importants qui sont parfois tabous tels que les maladies mentales (anorexie, dépression…). La série Skins en est un bon exemple car il retrace la vie chaotique d’adolescents anglais qui essayent de grandir dans le monde et de survivre à ces maladies. Enfin, et ce depuis quelques années, elles essayent de combattre les stéréotypes ancrés dans la société avec l’apparition de personnes importantes, fortes et courageuses, qui vont être de sexe féminin, ou alors d’ethnicité autres que caucasienne ou encore de sexualité autre que hétéro. Un exemple significatif va être la série « Orange is the New Black » dans lequel nous suivons l’histoire de femmes d’origines et de sexualités différentes, qui ont de fortes personnalités.

En conclusion, les séries sont une représentation de la société d’aujourd’hui, mais elles sont aussi précurseuses de tendance, en étant la source d’inspiration de comportements futurs. Les spectateurs se retrouvent dans les personnages et sont donc enclins à mélanger fiction et réalité. Nous avons pu voir qu’elles pouvaient être des sources positives de changement des mentalités mais au prix d’une banalisation de certaines actions négatives et criminelles.

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