Libérons la presse !

Pouvons-nous encore nous vanter de posséder toujours une presse libre et indépendante ? Comment dans le pays des droits de l’Homme la grande majorité des médias pourrait être détenue par 8 grandes fortunes du secteur privé ? Comment les journalistes pourraient subir des pressions de ces actionnaires pour ne pas trop questionner les dérives du système ? Comment serait-ce possible que nous soyons à la 39ème place en matière de liberté de la presse dans le monde pas loin de la Slovénie et du Burkina Faso ? Comment les publicitaires et annonceurs pourraient sélectionner les journaux en choisissant de les financer ou non en fonction du public visé ?

Tout cela paraît aberrant cependant c’est désormais le paysage médiatique français. En suivant le modèle des États-Unis – qui a été de faire racheter les journaux par des grandes fortunes privées – nous avons vendu l’indépendance des journalistes. Il semble évident que le rachat d’un journal est une action politique. En effet tout actionnaire attend un retour sur son investissement et les propriétaires des journaux et des radios mainstrem comme Figaro, le Monde, Libération etc.… ne font pas exception à la règle. Ce qui se traduit par une ligne éditoriale axée sur une complaisance avec les actions libérales prises par les entreprises et les gouvernements. Comme on a pu le voir avec la loi El Khomri et en ce moment avec le statut des cheminots. Dans aucun journal important il n’y a une critique et/ou une contestation des actions prises par Macron ni (comble de l’horreur) un soutien affiché à la mobilisation sociale.

Il n’existe plus de journaux axés à gauche ou ouvrier. On peut prendre en exemple le cas en Angleterre, où au milieu du XIXème siècle la publicité devient un puissant mécanisme de sape de la classe ouvrière. Les publicitaires acquirent de facto un droit de veto sur les journaux, dès lors que, sans leur appui, ceux-ci cessaient d’être économiquement viable. Avant son apparition ( la publicité) les coûts de production étaient couverts seulement grâce au prix de vente. Il apparaît donc évident qu’un système médiatique dominé par la publicité -comme c’est encore le cas aujourd’hui- tend naturellement à l’élimination ou à la marginalisation des organes financés par les seules ventes.

Sur Facebook les médias dit « alternatifs » ne survivent que grâce à des appels de dons. Et ce sont bien les préférences des publicitaires qui déterminent la prospérité voire la survie d’un média. Le Web n’a rien introduit de nouveau sur ce point, en effet la publicité tend à mettre de côté les magazines contestataires, que les pubards jugent hostiles au monde du business. Les lecteurs sont estimés socio-économiquement faibles et peu consommateurs. Des retraités, des intellos précaires… En bref des gens ne trouvant pas grand intérêt à passer tous leurs samedis dans les centres commerciaux étant donnés leur faible pouvoir d’achat ou leur mode de pensée divergent du système de consommation.

On a donc de quoi avoir peur, la récente loi sur les « fake news » passé par Macron en ce début d’année pourra permettre de trier des informations et de faire supprimer des comptes en fonction du bon vouloir du gouvernement. Désormais être un journaliste contestataire ou un intellectuel de gauche relève plus de l’excentricité que d’un véritable acteur politique. Il est très difficile de ressusciter un espace intellectuel démocratique quand il est entièrement contrôlé par des acteurs ayant tous une même vision, à nous d’en prendre conscience et d’agir en conséquence.

Source :

La fabrique du consentement, Noam Chomsky

La Pensée en otage, Aude Lancelin

L’insoumis

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s