… les bulles cognitives

Chacun en a fait l’expérience, il suffit de faire une recherche Google mentionnant une paire de pompes pour se voir harcelé de pubs correspondant, comme par magie, à nos désirs de consommation. A l’origine, un algorithme qui dresse, à partir de vos habitudes d’utilisation, un profil publicitaire qui vous est propre. Ainsi, Google pourra prédire les produits qui vous intéresseront avant même qu’ils ne soient commercialisés et assurer aux marques que leur message est parfaitement ciblé. Cependant, cet outil de prédiction de nos centres d’intérêts s’étend plus largement qu’aux publicités, jusqu’à vos opinions politiques. On ne vous proposera pas les mêmes résultats pour la même recherche, sur des sujets politiques ou économiques, selon que vous soyez de gauche ou bien de droite.

Le phénomène se réplique à la même échelle pour le site qui est devenu le premier lieu d’information pour une grande partie de ses utilisateurs, Facebook. Alors que vous naviguez à travers les post de vos amis, des pages que vous suivez, et de ceux dans lesquels vos potes bien lourds vous ont tagués, vos habitudes sont aussi analysées par Edgerank, l’algorithme clef du site.

Bien ou mal? On pourrait débattre sur le sujet, en attendant l’accès à ces sites continuera d’être gratuit aussi longtemps que l’on acceptera de donner nos données.

Internet reste dans notre imaginaire le moyen le plus évident de se procurer de l’information librement, autrement que par le JT de TF1 ou l’info 24/24 de BFM, et c’est le cas. Cependant, on a vite fait de laisser ces algorithmes faire le tri à notre place.

Le phénomène qui se produit alors est simple, les algorithmes nous déterminent très rapidement un profil et nous oublions à la même vitesse que cela a pour effet de nous enfermer dans des bulles informationnelles imperméables. Pour mettre le concept en lien avec la plus brûlante actualité : les élections de Trump aux Etats-Unis et l’incompréhension totale du camp démocrate et plus largement du monde entier qui regardait l’actualité avec les yeux du camp démocrate, ce n’est plus un secret. Alors qu’internet offre une opportunité inédite de dialogue, les bulles cognitives, qui nous confortent au quotidien dans nos opinions, nous interdisent alors toute clef de compréhension de l’opinion contraire.

Facebook et Google sont-ils responsables ?

Au lendemain des élections américaines déjà, parce qu’il fallait accuser quelqu’un plutôt que de se remettre en question, grondaient un tonnerre de protestation contre Google et Facebook, accusés d’avoir laissé les électeurs de Trump s’enfermer dans une argumentation mensongère mais auto-entretenue par les bulles cognitives. On réclamait alors la censure de certaines informations et sources d’informations. Au point que Mark Zuckergberg a dû s’expliquer publiquement, directement accusé d’avoir fait élire Trump : « Mon but, c’est de donner aux gens le pouvoir de partager afin que nous puissions rendre le monde plus ouvert et plus connecté. Cela nécessite de construire une bonne version de notre fil info. Nous avons encore du travail à faire pour l’améliorer ». Le problème pour une entreprise comme Facebook c’est qu’elle n’a pas vocation à faire figure d’autorité sur les informations des uns ou des autres. Quand on est Facebook on sait que se positionner politiquement risque de faire déguerpir une partie de ses utilisateurs et de permettre à un réseau social concurrent de prendre de la place.

Agacé par ces accusations, Nicolas Colin commente sur son profil Facebook appelant à arrêter le « délire sur l’enfermement dans les bulles idéologiques et les appels à la régulation des plateformes ». Les électeurs ont toujours été enfermés dans des bulles : « Pourquoi croyez-vous que certains naissent et restent de gauche et d’autres de droite ? La différence, dans le monde d’hier, est que le système médiatique se faisait l’écho des seules élites au lieu de révéler les discussions et les idées des « vraies » gens. Grâce au numérique, les discussions entre ces gens font irruption dans la sphère médiatique. Si ça choque les élites, tant mieux ». Il reproche dans son argumentaire l’appel à la réglementation, considérant que c’est une atteinte aux libertés fondamentales de la démocratie tout en déplorant l’élection de Trump.

Le rôle des algorithmes est donc à nuancer…

« Les gens ne croient jamais ce qu’on leur dit. Ils croient parfois ce qu’on leur montre. Ils croient souvent ce que leur disent leurs amis. Ils croient toujours ce qu’ils se disent eux-mêmes – dans leur for intérieur. » Seth Godin.

J’espère que l’article vous aura donné envie d’aller lire les articles ci-dessous, beaucoup plus complets, Moustache 🙂


Les sources:

View story at Medium.com

http://blog.mondediplo.net/2016-11-22-Politique-post-verite-ou-journalisme-post#nb2-1

http://ruedelaloi.blogspot.fr/2016/09/pourquoi-facebook-et-sa-cognitive.html

http://intelligences-connectees.fr/2016/03/21/unfiltered-news-eclate-nos-bulles-cognitives/

https://humainressource.wordpress.com/2014/01/30/vers-la-decroissance-numerique/#more-295

https://www.franceculture.fr/emissions/la-vie-numerique/eh-bien-oui-nous-sommes-responsables-de-nos-aveuglements#

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2016/11/11/mark-zuckerberg-non-facebook-n-a-pas-fait-elire-trump

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